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		<title>Petite praeparatio academica</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 18:06:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Boum dans la tête]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour me détendre un peu.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=229&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://nettoyeur.wordpress.com/2009/09/21/petite-praeparatio-academica/"><img src="http://img.youtube.com/vi/cIBJMV9bc80/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:center;">
<p style="text-align:right;">Pour me détendre un peu.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/229/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/229/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=229&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Ils ont raison de te demander</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 22:08:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Blanchot]]></category>
		<category><![CDATA[Bove]]></category>
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		<description><![CDATA[Vite. Sommeil. Anéanti. Je dois parler, demain matin, 8h30. Je n’arrive plus. Je n’arrive plus à répondre aux amis. À rien du tout. J’ai envie de lire. Bove. Strindberg. Jelinek. Gombrowicz. Strindberg. Strindberg. Strindberg. Bove. Kane. Jelinek. Jelinek. Les exclus. Inferno. Découvertes de Ionesco ? Le chemin qui monte et le chemin qui descend (la musique) : [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=216&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vite. Sommeil. Anéanti. Je dois parler, demain matin, 8h30. Je n’arrive plus. Je n’arrive plus à répondre aux amis. À rien du tout. J’ai envie de lire. Bove. Strindberg. Jelinek. Gombrowicz. Strindberg. Strindberg. Strindberg. Bove. Kane. Jelinek. Jelinek. <em>Les exclus</em>. <em><span id="more-216"></span>Inferno</em>. <em>Découvertes</em> de Ionesco ? Le chemin qui monte et le chemin qui descend (la musique) : ou bien très-faible, navrant, intellectuel, quelle galère, à oublier, autogoal (quand on veut avoir un camp, n’est-ce pas), etc. Ou bien ? Voix d’un homme. De grâce, Eugène, pas un « intellectuel ». Publiait dans <em>Le Figaro</em>. <em>Antidotes</em>. Ce qu’il dit de Beckett (forcément, forcément). Pas grave. <em>La leçon </em>? Drôle ! Juste. Vrai. Drôle. Envie de lire. Sade. Je sais pourquoi je ne lis pas Artaud. Je préfère écouter Nathan, Yaël, que ces discours à l’Université. Normal. Je dois parler demain matin. Devant qui ? À qui ? Pourquoi ? Le sujet. Un petit extrait de Jelinek (<em>Wolken. Heim</em>, passage sur l’Université) ; un petit extrait de <em>La leçon </em>? Drôle. Mais là-bas ? Moins. On verra. Pas envie. Je dois. On verra. Actes Sud a fini par récupérer <em>Être sans destin</em> de Kertész (en poche). Tant mieux. Une « collègue » que j’aime bien (que je préfère ne pas nommer) me fait lire Andreas Eschbach, <em>Des milliards de tapis de cheveux</em>. Bove. J’aimerais lire Bove. Je vais lire Bove. Je ne veux pas parler de l’Université. Je dois dormir. Je suis fatigué. Je ne veux pas dormir. Je veux lire. Je veux vivre. Je dois dormir. Je suis fatigué. Je dois parler demain matin. Si je suis trop fatigué je suis très-angoissé, je dois donc dormir. Quand parfois le silence. Il y a trop de silence. Beaucoup de mots, de discours, que du silence. Trop de silence. Quand parfois le silence, me reviennent des mots de Blanchot. Ne pas lire Blanchot trop tôt. Oublier. Revenir. Il revient. On fait le malin. Il y a des malins partout. Très-simple, de faire le malin. Faire semblant. On oublie ceux qui font les malins. On oublie de faire le malin. On oublie beaucoup de choses que l’on croit savoir sur (Kafka, Rilke, Mallarmé, Proust, Beckett, etc.). On oublie. Ça revient. Au fond, Mallarmé ? Au fond, Rilke ? Au fond, Kafka ? Au fond, même, Beckett ? Au fond ? Cesse de ricaner. Au fond, oui. Pas de fond, entendu. Au fond, Heidegger ? Pas de fond, entendu. Heidegger. Quelques mots de Blanchot. Revient. Reviens. Ami. Revenez. Loin. Autre silence que ce silence, autre nuit, autre jour, autre parole, autre fond pas de fond au fond quand même ? Peu importe. Mon ami Blanchot. Envie de lire relire Louis-René des Forêts. <em>Ostinato</em>. <em>La chambre des enfants</em>. Frappe, doucement. Pas nos voix. Peu importe. Pas grave, tout ça, pas grave. Léger. Cette légèreté dont parle justement Blanchot (le seul à en parler ainsi, que je sache). Ami. Insomnie. Volontaire. Pas bon. Dormir. Pas envie. Tu ne vas pas tenir. Tu ne tiens déjà plus. Pas grave. Heureux. Ni heureux ni malheureux. Vivant ? Pas si vite. Peu importe. Là ? Là. Oh, là. Comme je suis là,… Comme je suis là,… Comme je suis là,… Heureux ? Heureux. Douloureux ? Fatigué. Quelle fatigue ? Justement, justement. Quelle fatigue ? Eux moi nous vous ils. Il. Je. Dormir. Ce qui est tu. Ce qui n’aura de cesse d’être tu. Ce que je veux taire. Silence. Autre. Trop de silence autour de moi, beaucoup trop de silence autour de moi. Trop de silence, moi. Vérité ? Je ne dis rien. Autre silence que ce silence. Ami. Un silence amical ? Pas du tout. Pas du tout ! Un homme. Je ne suis jamais arrivé à être un homme, me disais-je. Pas grave. Juste en dessous. Baisse-toi. On entend. Je m’entends. Tu m’entends ? Je t’entends. On s’entend ? On s’entend. C’est bien. Oui, c’est bien. Fragile ? Pas le mot. Pas fragile du tout. Pas du tout. Indestructible ? Pour le moins. Si je dois dire un mot de moi ? À la fois beaucoup trop faible, incroyablement faible, faible d’une manière invraisemblable, incroyable, on n’y croit pas (moi non plus). Et,… fort ? résistant ? trop ? Oui. Que ça ne craque pas. Que ça ait si peu craqué. On se demande comment. Je me demande. Je ne me demande pas. Je m’en fous. Fatigue, de n’être pas (assez) fatigué. Fatigue, cette vie. Cette force. Je ne lâche pas. Je ne lâcherai pas. Tenace. Mais ne tenant rien. Travaillant, mais ne faisant rien. On voit. En vain. Pour rien. Pas pour la beauté du geste (vieille réplique de <em>Magies sans lendemain</em>, te souviens-tu ?). Non, magicien, pas pour la beauté du geste. Aucune beauté. Ailleurs. Dehors. Pas moi. Pas pour la beauté du geste. Pour rien. Là. Stop. Télégramme. Télégraphe. Vite. Stop. La poste ferme. La malle. La calèche. La malle-poste (voilà). File. File dans la nuit, nulle part, écris, dis-leur, à qui, silence, file dans la nuit, écris que tu aimes la vie, toi ou un autre, quelqu’un, un homme ou une femme qui a aimé la vie, comme l’aiment les « toxicomanes » que tu croises le soir (les « toxicomanes », comme ils disent), le soir, la nuit, qui te demandent, pourquoi ne te demanderaient-ils pas ? la moindre des choses, qu’ils te demandent, ils te demandent, ils te demandent, ils ont raison de te demander, ils ont le droit de te demander, ils ont le devoir de te demander, ils le font, comme eux, eux, aiment la vie, ils dorment debout, assis, par terre, ils dorment, ils ont les yeux ouverts, mi-clos, ouverts mi-clos, ils regardent, cherchent, attendent, pas en vain, en vain, tu marchais, téléphonais, à droite un cercle, eux, des bancs, tu aurais pu t’asseoir, un nouveau, pas comme eux, un nouveau, tu veux quoi ? silence, m’asseoir, être assis, un nouveau, passer mon chemin, pas le bon temps, le moment, mon heure, marcher encore, un logis, une chambre, un travail, travailler, il peut, il doit, il marche, mi-clos, il va tomber ? seulement se coucher. Il peut.</p>
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		<title>Mais qu’est-ce qu’on fout là ?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 19:03:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Je ferais mieux de me droguer]]></category>

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		<description><![CDATA[Une chose après l’autre, sinon je vais succomber. D’abord, recadrer le matin. Le jour suivra. Le soir sera comme il sera. La nuit. J’ai coupé trop de ponts, avec les dents. Ionesco va me divertir. Envie de relire La leçon (tout à fait le moment, n’est-ce pas). M’appuyer sur la voix familière de Christian : même [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=212&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une chose après l’autre, sinon je vais succomber. D’abord, recadrer le matin. Le jour suivra. Le soir sera comme il sera. La nuit. J’ai coupé trop de ponts, avec les dents. Ionesco va me divertir. Envie de relire <em>La leçon</em> (tout à fait le moment, n’est-ce pas). M’appuyer sur <span id="more-212"></span>la voix familière de Christian : même s’il s’agit d’être dans le béton de l’Université, la voix de Christian va me rester familière. Elle est plus neuve, moins étranglée. Ma voix n’est pas étranglée, hélas. On dirait vraiment une créature qui finirait par me sortir de la gorge, parler. Presque normalement. Je souris. Je respire (l’aiguille en travers de la gorge ne m’empêche pas de respirer). La leçon est finie. Une heure et demie. Je suis épuisé. Déchiré. Les cordes vocales. Le placenta de ma voix. La matrice de ma voix. Mal au ventre. Quand j’ai parlé, mal au ventre. Rien de symbolique. Jusqu’à ce que je parle publiquement de Beckett, première fois de ma vie que tel « scandale froid » (glacé, rentré, helvétique), le seul reproche professionnel qui m’ait été adressé a consisté à me dire que je parlais trop doucement, trop faiblement. J’ai l’impression de hurler. On a le sentiment de dire des âneries, quand on parle, c’est entendu. Mais quand on parle fort, on a le sentiment de,… On ne sait pas. Il faut dire que j’ai beaucoup écouté ceux qui parlaient, que j’écoute encore ceux qui parlent, parfois. Je me souviens, vieux souvenir, d’un colloque à Paris, autour et avec Derrida. Derrida disant (sa voix qui parfois monte dans les aigus, sa voix adorable), Parfois je rêve, une machine avec des électrodes qui me permettrait d’écrire ce qui se passe dans mon cerveau, ce serait bien ! Et le rire de Derrida. Une « communication » (comme ils disent). Heureusement, je ne sais plus de qui, à quel sujet. Je vois encore Nancy, tout au fond de la salle, en retrait. Je suis de l’autre côté, tout au fond de la salle, un autre retrait (à l’opposé). Je vois Nancy qui s’emmerde, qui s’emmerde, qui s’emmerde. Marmotte. Que des conneries. Sa main qui passe sur son crâne. Fatigué. Que des conneries. Cixous qui lit ce qu’elle a écrit (qui sera publié tel quel, avec des couleurs). Ce n’était pas Cixous qui était chiante (pas du tout). Mais c’est long, interminable. C’est bien. Bref. J’ai déjà tourné le « problème » dans tous les sens (et dans tous les non-sens, comme il convient). Les étudiants attendent un discours normal. L’Université devient une sorte de France-Culture. Il faut cultiver, raconter. Remplacer les livres. Inutile de « penser ». Mais que fout ce singe, là-devant ? Pas « penser » (Post-it). Les gens croient au Savoir (aux Savoirs, pour faire semblant). Ils en veulent, ils en demandent, ils en redemandent. Ils veulent savoir. Deleuze est un génie (comique). Il affirme. Il pense, mais en affirmant. Il fait trois points, quatre points, il compte sur ses doigts, il explique, il raconte, il affirme, il « communique ». Naturellement, trois points, ce pourrait être quatre, dix-huit. C’est dix-huit, mais il recommence autrement. Retenez trois points. Retenez maintenant quinze points. J’arrive au point douze. Je continue la semaine prochaine. La semaine suivante, je déclare qu’il faut retenir six points. On peut poser des questions. Deleuze écoute avec attention, bienveillance. Gentil, Deleuze. Ne répond pas. La semaine prochaine. La semaine suivante, il ne répond pas (évidemment). Amusant, Deleuze. J’aime les questions, moi. Je les trouve toutes réellement intelligentes. Je n’arrive pas à imaginer une question qui serait idiote. Elles sont souvent beaucoup trop intelligentes, beaucoup trop difficiles. Les gens, surtout les jeunes étudiants, arrivent parfois avec de vraies questions. Plus tard, on apprend : les vraies questions sont malvenues, on apprend à poser de fausses questions, de telle sorte qu’on puisse y répondre aisément, rapidement. Une vraie question ? Un problème, dit Deleuze. Une création. C’est naturellement à l’étudiant de répondre. Fournir des éléments, des brindilles, du savoir (menu, en charpie, ou alors en gros, du brut). Vos mandibules, nom de dieu. Secrétez. Je délire. Je rêve. Je ne parviens pas à cesser de rêver, de délirer ; de croire, d’imaginer. Il faut dire qu’il y a ceux que j’appelle des « haut-parleurs », qui font croire au Savoir (aux Savoirs, si on veut), etc. Clients. Hiérarchie. Économie, assez peu symbolique. Mais lisez, nom de dieu. Démerdez-vous. Je vais raconter. Très simple. Raconter très simple. Il était une fois, si vous voulez, et continuer, raconter, une seule ligne, pas de parenthèses, pas d’incises, pas de citations, raconter une histoire, celle que ou celle que, etc. Lire ? Publiquement, avec les gens ? Désespérant. Les gens lisent n’importe comment. Trop vite. Ils savent tout par avance, et après coup ils savent encore, ils savent tout. Ce qu’il faut penser de. Ce qu’il faut dire de. On vérifie. Des chiens qui se reniflent le cul. Marquent leur territoire (imaginaire ! des millions de chiens qui possèdent le même territoire ! mais on s’en fout, chaque chien est unique et marque son territoire unique, inlassablement, souverainement : on lève la papatte, quelques mots, on poursuit sa promenade en remuant la queue). Gentils, les chiens. Gentils, les universitaires. Ne touchez pas au molosse, là-bas. Gentil gentil quand on le caresse (soumis), mais pas gronder, pas gronder ! Il mord ! Celui-là ne mord pas. Grosse papatte, avec laquelle il écrase jovialement qui. Celui-là bave, très-content : content content. Est-ce que tu as déjà vu un étudiant apporter un livre à un professeur, toi ? Moi pas. Étrange, non ? Il suffit de demander. Les étudiants apportent. Et des bons, parfois. Je suis déjà au fond du trou, quel talent ! Bon. Faire comme si les livres n’existaient pas. Ils existent. On les mentionne. Une bibliographie si vraiment. Mais faire comme si les livres n’existaient pas ? Les livres n’existent pas, à l’Université. On a autre chose à faire, quand même ! Parler des livres. Parler de. Parler. Si seulement ! Pas parler. « Communiquer ». Si seulement ! Pas « communiquer » (A « communique » « quelque chose » à B, mais qui est A ? qui est B ? et surtout, c’est quoi, ce « quelque chose » ? Ce qu’il faut dire. La manière de le dire. On forme une manière de parler. Que l’on retrouve ensuite dans les médias, dans les écoles, dans les territoires où il s’agit de « parler »). J’ai l’air de dire que le Savoir n’existe pas. C’est faux. Il existe. Mais on s’en fout. Ces gens-là s’en foutent, du Savoir. Le but n’est pas du tout de savoir, le but est de faire savoir qu’on sait. À qui croit savoir qu’il sait, et fait savoir qu’il a entendu que l’autre sait. On se tient les coudes. Pas de place pour parler, entre ces coudes. Aucune place pour le Savoir, les Savoirs. Aucune place pour le non-Savoir non plus (évidemment). On taille les dents. Sculpte les bouches. Redresse les nuques. Des perroquets de combat. Des perruches de cour. « Critique », « savoir critique » ? Arrêtez la mascarade. Léger voile rhétorique pour impressionner le chaland. Non seulement je vous fais savoir que je sais, mais je vous fais savoir que je sais comment savoir, comment éviter de gober des âneries, ne pas être dupe ! En vous dupant. Charlatans. Vous voulez savoir ce qu’est le « christianisme » ? Fort bien. Commencez par aller voir comment respire un bénédictin. Lisez, c’est pourtant facile. Thomas d’Aquin. Augustin. Calvin. Schleiermacher. Barth. Nietzsche. Feuerbach. Rabelais. Lisez n’importe quoi. Mais à quoi sert de lire Thomas d’Aquin, à l’Université ? À rien. À rien, strictement à rien. Ça ne sert pas à savoir comment il faut parler de Thomas d’Aquin. L’étudiant qui aura bien suivi un cours (un cours dans l’esprit des cours qui sont donnés à l’Université) et qui n’aura lu de Thomas d’Aquin que trois ou quatre extraits, s’en sortira bien mieux qu’un étudiant qui aura vraiment lu Thomas d’Aquin. Si le cours n’est pas trop mauvais, évidemment, il faut faire les deux. Mais à quoi ça sert ? À rien. Même si le cours n’est pas trop mauvais, l’étudiant qui aura vraiment lu Thomas d’Aquin,… Comment va-t-il « parler » avec le professeur ? Celui-ci aura dit des conneries. Celui-là,… Qu’il se démerde. On apprend à faire semblant. C’est ça, l’« éducation ». Ah, mais bravo ! Vraiment très-doué pour me remonter le moral, toi ! Non, ça m’amuse. Ça n’est pas bien grave, naturellement. Un étudiant sur cent aura envie de lire vraiment. Les autres,… Leur donner ce qu’ils attendent ? Si tu y arrives, oui. France-Culture (mais en méprisant France-Culture, évidemment). Bien faire savoir qu’on sait comment savoir, ce qu’est le Savoir, comment éviter les âneries qui sont dans nos têtes (pour mieux ingurgiter celles qui sont dans la tête de ceux qui viennent de liquider les nôtres). D’âneries, pas de têtes. Encore que. Ces têtes ! Il faut voir comment on liquide une tête. C’est triste à voir, comme spectacle. Soyez les bienvenus. Première leçon. Liquider vos têtes. Mais lisez, nom de dieu ! Lisez beaucoup, tout le temps. Non, pas tout le temps. Lisez un peu. Un tout petit peu. Un livre contre un livre. Deux livres contre deux livres. Crachez. Secouez. Mangez. Vomissez. Dormez. Plusieurs livres, nom de dieu. On ne peut pas « penser » comme un livre (comme un bon livre), c’est impossible. On ne peut pas « penser » comme deux livres (comme deux bons livres), c’est impossible. Lisez deux livres (deux bons livres). On ne peut pas ne pas « penser ». Je rêve. Je délire. Je n’arrive pas à m’arrêter. De toute façon, réforme de « Bologne » oblige, on n’a pas le temps. On doit faire ceci, cela. Et encore ceci, cela. Et travailler pour gagner du fric. Et vivre. Allez vous faire foutre. Faites-nous savoir ce qu’on doit savoir, et on le saura. Les étudiants sont tous très-brillants. Ils savent tout ce qu’il faut savoir, et comment faire savoir qu’on sait. Très-performants. Professionnels. Les étudiants sont devenus des professionnels. Ils s’adaptent : tel professeur veut telle manière de parler ? tel autre telle autre ? pas de souci, no problemo, en avant la connerie, bingo. Alors vous, vous voulez quoi ? D’abord, je vous prie, je ne suis pas professeur. On s’en fout. Vous voulez quoi ? Mais rien, nom de dieu ! Ça donne quoi ? Ça partage. Trois groupes (quelle expérience ! J’ai fait le tour de la situation, comme on voit) : premier groupe, pas compris, vous voulez quoi ? pas compris, on fait semblant, on fait comme vous, voilà ; deuxième groupe, compris ! rien, vous dites ? alors rien ! Merci ; troisième groupe, compris, ah bon ? je peux lire truc ou truc, parler comme truc ou truc, ou un peu comme moi ? vraiment ? nom de dieu ! piège ! dangereux, ce type, gros con, sympathique, Foucault ! Mais non ! Comme vous voulez ! Après, après,… Je vous dis ce que je pense. Je vous dis sincèrement. Premier groupe, je suis gentil (complaisant). Deuxième groupe, je rigole. Troisième groupe, je m’efforce d’être sincère (quand je trouve bien, intéressant, riche, brillant, passionnant, je dis ; quand je trouve faible, branlant, débile, je dis aussi, j’essaie de dire gentiment, de dire pourquoi je trouve que, à vous d’en penser ce que vous voulez, il faut du temps, on le prend, si vous voulez, un café ? on n’a même plus le droit de fumer dans les cafés, le monde est débile, qu’en pensez-vous ? encore un coup du « christianisme » ? le bonheur pour tous ? la santé universelle ? N’exagérons rien, etc.). — Pas si mal ? Pas si mal. Tu fais des progrès, tu remontes la pente, mon brave. Encore un effort ? Non. Demain.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/212/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/212/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=212&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Demain, mercredi, jeudi, etc.</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 12:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
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		<category><![CDATA[Marx]]></category>

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		<description><![CDATA[Il fallait (re)lâcher un peu le Journal. Certaines phrases partent en couilles. Tout part, en couilles. Certaines choses qui auraient dû figurer ici, dans le Journal. (Re)lâcher. (J’ai bien retenu un des conseils de Gombrowicz. Merci.) Il se confirme que je n’ai pas le droit d’y parler de mes « lectures », etc. Les enfants sont à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=207&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il fallait (re)lâcher un peu le Journal. Certaines phrases partent en couilles. Tout part, en couilles. Certaines choses qui auraient dû figurer ici, dans le Journal. (Re)lâcher. (J’ai bien retenu un des conseils de Gombrowicz. Merci.) Il se confirme que je n’ai pas le droit <span id="more-207"></span>d’y parler de mes « lectures », etc. Les enfants sont à l’école. Le relâchement intervient au moment où je dois recommencer à donner des cours (à l’Université et à l’École Polytechnique Fédérale). Je n’ai pas le courage de, cet après-midi. Ça travaille à l’intérieur (le cours de mercredi matin est dans le tube, par exemple). Les étudiants sont comme tout le monde : ils aiment que l’on raconte. Moi pas, mais je dois. Je travaillerai ce soir, demain, mercredi, jeudi, vendredi. Ressortir l’agenda. Meurtrières. Une tête à transpercer dans chaque trou (chaque fois la mienne). C’est le dernier jour où je peux fumer dans ce bar (ce monde est débile). Tant mieux pour les autres (mais tout le monde fume, ici, non ?). Ce monde est débile. Avoir trois corps (au moins trois). Un corps pour les hommes (jean noir, polo noir, jaquette noire, veste noire, crâne rasé, un nez, une bouche, marcher) ; un corps normal (je suis un crapaud) ; et un corps, je ne sais pas. Je lis Jelinek très-lentement. « Aux Pays. Des Nuées », toujours dans <em>Désir &amp; permis de conduire</em>. <em>Wolken. Heim</em> (1990). Absolument génial. Long « poème », on y trouve (coulés) Hölderlin, Schelling, Hegel, Heidegger, toute l’Allemagne. Le texte allemand doit être sublime. La traduction, telle quelle, très-belle. Pas la moindre intonation « critique », cynique, ironique, parodique. Du pur. Du terrifiant. Sublime et absolument terrifiant. Insupportable. Très-doux. Absolument violent. Absolument génial. Insupportable. Hypnotique. Archi-lisible (comme elle sait changer, quelle femme !). Archi-illisible, archi-insupportable. Onirique, léger, profond. À vomir. Archi-raisonnable (toute l’Allemagne, toute une partie de son « histoire », disons). Archi-fou. Pas grotesque. Pas ridicule. Moins que les sources, disons. Pas du tout. J’ai des étudiants sur le carreau. Une qui me demande des conseils pour sa thèse (sur le « corps »). Une autre qui a des problèmes d’immatriculation (les chiens). Une qui me demande une lettre de recommandation (je dois faire vite, sûrement). Une qui finalement va faire son mémoire avec moi (sur Foucault et sur Kafka). Ce soir, demain, mercredi, jeudi, vendredi, etc. Le dernier après-midi où je peux fumer ici, ailleurs, dehors. Les chiens. Les chats. Les souris. Gentilles, les souris. Elles ont bien raison. Notre santé. Nous. Moi aussi. Gentilles, les souris. Le téléphone est muet. Les enfants sont à l’école. Je dois lire Jelinek lentement, très-lentement. Bonheur, il me reste presque tout, à lire. Les « journaux », « essais » et (faux) « souvenirs » de Ionesco, aussi. Un peu trop sérieux, beaucoup trop « religieux », mais touchant. Quelqu’un. De bonnes soirées en perspective (avec un cigare, du cognac, et un peu de « musique classique ») ? Je déconne. Envie d’aller à Rome (si possible immédiatement). À Venise. Je dois retourner à Venise, me dis-je. Ça pue. N’empêche, je dois retourner à Venise. Archi-étranger à l’Italie, chez moi. Une Jelinek italienne, je vous prie ? Connais pas. Une Jelinek helvétique ? Ne plaisantons pas. Je hais Chessex. Les arbres sont secoués par le vent. Une mouche sur le clavier (elle est habile, discrète, courageuse ; idiote, disons). Le téléphone est muet. Normal. J’ai oublié de répondre à cette invitation d’une « société d’étudiants ». J’oublie tout. Je n’oublie rien. Je suis le chaos. Un crapaud. Je me réjouis de revoir Christian. Je me fais du souci pour Thibault. Arno est encore à l’Université. Michel V. va venir parler de <em>Dune</em> à l’École Polytechnique (je suis content). Que devient Michel H. ? Il devient. Sa peau qui prend la couleur et l’odeur de la terre, du soleil. Il va. Il a raison d’aller. Je suis fatigué, tout à coup. Jelinek.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/207/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/207/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=207&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Ça donne si et ce que ça peut</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 17:56:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
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		<description><![CDATA[Ionesco est beaucoup trop sage. Pourquoi je me fatigue à. Beckett aussi est beaucoup trop sage. Michaux est farfelu. Pas convaincant, trop gentil. Gombrowicz est bien. Mais il écrit pour des gens qui. Il a voulu, il a écrit pour les gens, pour des gens qui, c’est bien, mais finalement, c’est trop sage aussi, trop [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=201&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ionesco est beaucoup trop sage. Pourquoi je me fatigue à. Beckett aussi est beaucoup trop sage. Michaux est farfelu. Pas convaincant, trop gentil. Gombrowicz est bien. Mais il écrit pour des gens qui. Il a voulu, il a écrit pour les gens, pour des gens qui, c’est bien, <span id="more-201"></span>mais finalement, c’est trop sage aussi, trop pour les gens, et pour ces gens précisément, qui. Sade, c’est mieux. Je pourrais montrer, que dis-je, démontrer, que Sade, dans son esprit, entend écrire comme les autres, mieux que les autres mais avec les autres, comme les autres, il respecte des « principes » (une lettre à sa chère Renée Pélagie), mais justement, Sade, étant donné bien entendu les circonstances, son tempérament ou sa nature, bref, étant donné Sade, ça s’emporte, solitaire, enfin bref, comme disent les gens qui parlent de Sade (généralement très-bien, c’est d’ailleurs un signe, mais voilà, pour Sade). Kertész, c’est autre chose. Mais comme il essaie. Il ne veut pas. Il essaie. Sa femme. Il aurait aimé. Il y avait autre chose. Lui. Sa vie. Lui. Ça donne ce que ça donne (Kertész). Mais souvent c’est sage, très sage, beaucoup trop sage, la « littérature » (pas Kertész, Gombrowicz a <em>choisi</em> de prendre position flottante, entre les eaux, Beckett, attends voir, Joyce peut être extraordinairement chiant, il le sait, il passe outre, sympathique, il faut lire les « romans » de Kafka en même temps que sa correspondance, là on comprend tout, le Château, la correspondance de Kafka, Kafka est Kafka, Dostoïevski est Dostoïevski, à la ligne, pas sage, il écrit en russe (déjà), comme ils sont sérieux Bataille Blanchot, faudrait que je relise Louis-René des Forêts, pas très loin de Kertész, revenu sans revenir de, ça donne du recul, comme disent les imbéciles, il faut du recul, avoir oublié un peu les hommes, revenir sans revenir, ne pas se fier, se fier non pas à soi, ridicule, se fier à ce qui se dit, à ce qui a envie, pousse, à ce qui, se fier à ça, Céline est très-bien, méchant Céline, ne rien pardonner, atténuer, interpréter, sublimer, méchant Céline, pas du tout « petite musique » et toute la ritournelle que l’on dirait soufflée par maître Connard pour assurer la défense et parler à la presse et à la République, des fois que, non, pas seulement et pas du tout la « petite musique », autre chose, Céline, pas récupérable, mais qui l’est, qui le serait ? la France, peut-être ? l’humanité ? les Lettres ? On rigole. Quand on nous dit Voyage au bout de la nuit et voyages, voyages, voyages, guides touristiques, qu’il dit, châteaux, ces cons de Français aiment les châteaux, les vrais, à décrire, pas celui de Kafka, les vrais châteaux et l’Histoire, Louis XV et Louis XVI, d’un roi l’autre lettre de cachet, puis Charenton, avant souffleur quarante sols le jour, je parle de Sade, pas un exemple, ni à sauver ni à aimer ni à, à ce qu’on veut, qui veut quoi ? La dôle est bonne. Une grappa. Ma mère, quand elle voit par hasard la marraine de la mère de mes enfants (qui sont formidables), dans la rue, fait des grands signes, agite les bras (en croix), Non, non, non, pas parler, au revoir, Amusante, ma mère, j’ai encore des progrès à faire, agiter les bras en croix Non non non, quelle tête, j’ai lu un « texte » de Jelinek, justement « Désir &amp; permis de conduire », incompréhensible, chaque phrase oui, les phrases ensemble non, étrange, pas du tout mon cas, tout ce que je dis est très-cohérent, très-simple, misérablement intelligible. J’ai des progrès à faire. À force de clarté et de science et d’esprit, Sade, la raison. Adorno en a-t-il parlé ? Sûrement, sûrement. De Simon, pour l’instant, je préfère <em>L’herbe</em> à <em>La route des Flandres</em>. Pauvre con. Eh oui. Je préfère <em>L’herbe </em>à <em>La route des Flandres</em>. Petit deviendra grand. Mourir. Je viens d’atteindre cet après-midi ma maturité intellectuelle. Yaël, mon fils aîné (huit ans) m’a envoyé il  y a quelques mois une carte postale qui trône sur le secrétaire de mes grands-parents (lesquels sont morts, heureusement pour eux, et j’écris sur leur secrétaire, pas encore au café, j’y vais, sur leur secrétaire, comme j’ai toujours dit). Une girafe qui tire sa langue bleue. Devant, une grenouille rose, qui tire sa langue rouge. Entortillée. Le 14 avril 2009, date de la carte postale, Yaël m’écrit : « La giraffe te tire la langue pour te dire bongour de yaël et nathan et catrine bisou bisou ». Il écrit pour, Yaël. Du zoo de Rapperswil, Zurich, si je ne m’abuse. On dit bonjour en tirant sa langue bleue (ou rouge entortillée). On dit bongour, si on veut. La chère Renée Pélagie, marquise de Sade, avant de demander « séparation » (divorce pas encore possible, passons) écrit à peu près comme ça. Bongour. Demain, l’université. Pas encore pour moi, mardi. J’ai peur, Witold. J’ai peur.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/201/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/201/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=201&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>On essaie de se débrouiller</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2009 22:27:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne vais pas réussir à m’endormir tout de suite. J’ai encore une foule de choses à me dire, de ces choses qui n’ont guère d’intérêt, qui tournent dans la tête, la poitrine, qui font tourner la tête, la poitrine, tout le corps, une partie invisible de l’univers, qui empêchent de dormir. Je lis très-lentement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=196&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne vais pas réussir à m’endormir tout de suite. J’ai encore une foule de choses à me dire, de ces choses qui n’ont guère d’intérêt, qui tournent dans la tête, la poitrine, qui font tourner la tête, la poitrine, tout le corps, une partie invisible de l’univers, qui empêchent de dormir. <span id="more-196"></span>Je lis très-lentement et avec un immense plaisir le <em>Journal</em> de Gombrowicz. Ce qu’il dit de Milosz est extraordinairement touchant. Milosz serait trop « loyal » envers la nudité écrasée de son temps. Grosse discussion. Elle rappelle celle qui concerne Schulz. Je ne suis pas pressé de « trancher », j’écoute Gombrowicz ; je réfléchis. Mon <a href="http://niplusnimoins.wordpress.com/">Journal</a> se poursuit, mais curieusement. Je me laisse faire. La forme m’appelle, et en même temps, et de quelle curieuse manière, elle m’expulse complètement. J’avais bien compris, dès le début, que je n’aurais pas le droit d’y parler de « moi ». Quoi, au moment d’être libre, me plier à cette psychologie locale, régionale, universelle ? Je savais que je ne parlerais pas de ma « vie », ou disons, d’une manière moins provocante et surtout moins exagérée, que j’en parlerais d’une manière indirecte, disons plus « essentielle ». Je suis grave. J’ai du plaisir à être grave, sérieux, lent, pesant, alambiqué s’il le faut (pour mon plaisir). Une manière « essentielle », dans le sens ou non loin de ce qu’en dit Blanchot (une « solitude essentielle »). Je songe plutôt à Mallarmé. Alambiqué ? L’alambic. Un alambic qui ne serait pas fait pour obtenir de l’or, mais pour entendre un souffle, un respir, un halètement quelconque ? Oui. Qui ne dirait presque rien ? C’est déjà tant, c’est exorbitant, inespéré, « presque rien ». Du vide ? Oh, le vide. Qui songe que le vide, seul, n’a rien à voir avec le « vide » ? La <em>sensation</em> du vide. Qui sentira le « vide » ? Quelle présence ? Quelle extraordinaire présence, pour sentir le vide, pour y <em>songer </em>? Je croyais avoir oublié Gombrowicz, sa discussion avec Milosz (et sa discussion avec Schulz). Je dois citer Gombrowicz (quelle fatigue) : « Ce failli, ce misérable qui se complaît, comme Job, dans sa nudité, c’est, semble-t-il, de son plein gré qu’il a limité ses facultés de résistance efficace. L’erreur de Milosz — telle que je la vois, cette erreur me paraît assez commune — consiste à se réduire aux dimensions de la misère qu’on décrit. Évitant les grandes phrases et les poncifs, le loyal et honnête envers ses frères tombés au fond du malheur, Milosz veut, lui, être pauvre comme eux. Mais pareille intention de la part d’un artiste jure avec le principe même de son action : l’art en effet est luxe, liberté, jeu, rêve et puissance, l’art naît de richesse et jamais de pauvreté, il ne naît pas lorsqu’on est sous la charrette, mais quand on est dessus », écrit Gombrowicz. La discussion est belle et difficile. Naturellement, je songe à Beckett. Mais Bruno Clément a raison : Beckett lui aussi est « sur la charrette » (un virtuose de la foirade, un « increvable » ; Beckett est lui aussi un « artiste »). La discussion est délicate. La grande force qu’il faut pour « tenir » sa faiblesse, sa « hauteur ». Mais si je suis « sous la charrette » ? Ni luxe, ni liberté ; ni jeu, ni rêve, ni puissance. Pauvre comme Job (encore que Job soit justement l’homme le plus « fort » et le plus « puissant » de toute la Bible : il balaie la tradition, « tient » sa faiblesse, sa voix, son corps ; balaie aussi ses « amis », à tel point que cet homme ne peut être <em>confondu</em> que par Dieu en personne, lequel doit s’y coller (à un moment où Dieu ne se colle plus à grand-chose, cette théophanie est tout à fait anachronique dans l’Économie juive, mais passons)). Bref. Ceci dit, Gombrowicz a raison : le livre de Job, c’est du « grand art » (justement, un Roman). Je ne sais pas. Si on est vraiment « sous la charrette », on gémit, on pleure, on grince des dents, on hurle, on s’évanouit, on meurt,… On ne peut pas être « loyal », réellement loyal envers ceux qui sont réellement « sous la charrette ». La voix sera fausse. Comme les premières (et « mauvaises ») traductions de Dostoïevski, lequel justement n’écrit pas comme, à la manière de, mais comme Dostoïevski (le feu au cul). J’ai une objection, mon cher Witold. Tu dis « sous la charrette », ou « dessus ». Je vois une troisième possibilité : tombé de la charrette (Milosz et Beckett ont été « dessus », c’est indéniable), tombé, mais pas tout à fait dessous, à côté ? Comme des hommes qui marchent ? La tête encore capable d’écrire des livres (c’est indéniable, Bruno Clément a raison), mais,… la vie ? le corps ? le cœur ? Des hommes qui marchent, nus en effet (ou presque), blessés (en tout cas), déchirés, contradictoires, impossibles ? Je ne voulais pas te chicaner avec ce que tu dis de l’art, de l’artiste, mais ça revient : il y a en toi une formidable tension entre une <em>descente</em> (<em>Contre les poètes</em>, mais toute ton œuvre), et une <em>hauteur</em> intouchée, où l’art et l’artiste demeurent (tu parles de « danse », et toute cette quincaillerie nietzschéenne). C’est <em>toi</em>, Witold. Et je t’aime ainsi. Ne vois-tu pas que certains de tes « collègues » ne peuvent, ne veulent danser ? La discussion sera difficile, j’aime autant te prévenir. Tu songes à l’« avenir », tu es inquiet, parfois sombre, certes, mais tu y crois, tu te sens encore dans l’histoire, avec les générations, le mouvement, la vie. Comme Ionesco qui ment sur son âge, pour figurer parmi les « jeunes écrivains » à un moment de sa vie où justement, « jeune écrivain », il ne l’est plus tout à fait ! L’histoire,… La vieille Europe, qui pourrait, devrait, aurait encore une chance, au moment où tu vis, d’être « relancée », « vivifiée » par… la Pologne ! la Roumanie ! Oui. Mais maintenant ? Honnêtement, je ne sais pas, Witold. Je voudrais te donner raison, et raison aujourd’hui, maintenant. Où je suis, avec ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entends, je ne peux pas te donner raison, mon cher Witold. Que dirais-tu maintenant, aujourd’hui, de la Pologne ? de l’Est ? de l’Europe ? Je n’ose pas y songer. Le dernier très-grand d’un « âge » où il était encore possible de, mon cher Witold ? C’est parce que tu es très-grand que tu peux être, jouer au « tout-petit ». Tu fais le malin, avec ta Pologne, et tu as bien raison ! L’ambiance serait plutôt à Musil, à Broch, à Bernhard, à Jelinek, maintenant, aujourd’hui ? Même Beckett me paraît trop joyeux, trop fort, trop libre, trop « souverain », trop vivant, trop « artiste ». Regarde ce vieux clown de Sollers, qui fait comme si, et comme si, et comme si. Sa joie et sa danse sentent à chaque instant la lourdeur et la mort, n’est-ce pas ? On se débrouille. Tiens, Witold, tu n’as pas pu lire ceci (ce que je t’en donne à lire est trop court, tu ne vas peut-être pas aimer du tout, mais moi, ça me remplit d’allégresse) : « Le ciel et la terre coulent et se précipitent dans une image de brume fulgurante, enchevêtrée, scintillante et floue. Le chaos commence et les ordres disparaissent. Péniblement, l’ébranlé tente de maintenir sa conscience, et il réussit. Plus tard, confiant, il poursuit sa promenade », écrit Jelinek (« Lui pas comme lui », in <em>Désir &amp; permis de conduire</em>). C’est beau, non ? Péniblement, l’ébranlé tente de maintenir sa conscience, et il réussit. Il y a encore des hommes (quelques hommes) qui,… J’avais compris dès le début que le Journal ne me permettrait pas de parler de ma « vie ». Sous la charrette. Je ne suis pas, je ne veux pas être « sous la charrette », ici ou ailleurs. Je ne suis pas « dessus ». Juste un souffle. Ce soir, curieusement, je viens de comprendre que le Journal m’interdisait aussi de parler de mes « lectures ». Je suis fasciné par le <em>reste</em>. Qu’est-ce qui me reste ? Maintenir ma « conscience » ? Quel mot ! Si haut, si élevé. Anachronique. Baroque. On dirait le dieu qui vient confondre Job, mais : les ordres disparaissent. Le chaos commence. Jelinek n’y met pas de « formes » (j’exagère un peu, si tu permets). Une « conscience ». Une « voix » ? Elle poursuit sa promenade (elle écrit des « Romans ») ? Quelle femme ! Mais si j’ai tort dis-le moi, Witold. Si j’ai tort dis-le moi, ne te gêne surtout pas. J’ai peur, Witold. Lundi, l’université recommence. Ce n’est pas le chaos (qui (re)commence). Les ordres. J’ai peur, Witold. Tu vois, ce soir, lisant ton <em>Journal</em>, j’ai eu le même sentiment qu’en lisant Kertész (le dernier récit qui clôt <a onclick="return mugicPopWin(this,event);" oncontextmenu="mugicRightClick(this);" href="http://www.amazon.fr/Drapeau-anglais-Chercheur-traces-Proc%C3%A8s-Verbal/dp/2742754350/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252793555&amp;sr=8-1"><em>Le drapeau anglais</em></a>, le sublime et si simple « Procès-Verbal »). Tiens, je suis allé te le chercher : « J’ai dépassé mon seuil de tolérance, je ne suis plus vulnérable. Je suis perdu. Apparemment, je voyage en train, mais ce train ne transporte plus qu’un cadavre. Je suis mort. (<em>Et pour que tout s’accomplisse et que je me sente moins abandonné, je ne souhaite qu’une chose </em>: que sur ma tombe ou sur mon urne ou quoi que ce soit qui restera de moi, un douanier vienne poser une unique fleur, peut-être pas en guise de réhabilitation, mais au moins en signe de pardon…) », écrit Kertész. Tu sais, Witold, je lis beaucoup. Quand j’ai lu ce récit de Kertész, j’ai eu envie de pleurer. Honnêtement, je ne sais plus si j’ai pleuré ou non, finalement, mais je sais que j’ai eu envie de pleurer, très-envie. Je me suis dit, Un homme. J’ai eu très-envie de pleurer. Je me suis dit, Thierry, cet homme est encore en vie. Il a écrit ça. « Procès-Verbal ». J’ai eu très-envie de lui dire merci. De pleurer et de lui dire merci. De lui écrire. Naturellement, je me suis dit, etc. J’ai eu très-envie de pleurer et de lui dire merci. Je redoute le moment où Kertész va mourir, Witold. J’ai peur, de ça aussi. Je disais donc (comme tu es patient, Witold, je t’aime),… Quand j’ai lu ton Journal, ce soir, j’ai eu ce sentiment, pas tout à fait le même qu’en lisant Kertész, mais cette envie de te dire merci. Vraiment. À Jelinek (pause technique, là je ris doucement !), on n’a pas envie de dire merci ! Il faudrait que je te cite, pour que tu comprennes ! Tu rirais aussi. Quelle femme ! Bref, tout va bien. Je t’embrasse. Bonne nuit.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/196/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/196/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=196&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Mais qu’est-ce qui me prend ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 17:54:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Alors là comment dire ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Je sais maintenant que les gens ne sont pas responsables, ne peuvent pas être tenus pour responsables de la peine qu’ils me font. Ils me font de la peine en parlant. Je suis trop difficile. Il y a des miracles. Des instants. On dirait que la vie se ranime, que quelqu’un parle enfin, que quelque [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=191&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sais maintenant que les gens ne sont pas responsables, ne peuvent pas être tenus pour responsables de la peine qu’ils me font. Ils me font de la peine en parlant. Je suis trop difficile. Il y a des miracles. Des instants. On dirait que la vie se ranime, que quelqu’un parle enfin, <span id="more-191"></span>que quelque chose est dit, à moins que ce ne soit que la manière, une manière heureuse de dire, un <em>punctum</em>, quelque chose qui peut être senti, la parole est si plate, pas de goût, pas du tout nocive, pas du tout vénéneuse, juste plate, galette qui tourne, pas d’aiguille, galette qui tourne à vide, l’aiguille à côté, au-dessus, d’un côté la galette qui tourne, d’un côté la tête, l’oreille, l’aguille qui vient contre la tête, qui pénètre dans l’oreille, peu importe la galette, il y a belle lurette que l’aiguille ne s’en préoccupe plus. Et nous tournons. Et nous nous arrêtons. L’aiguille se soulève, se retire, mais c’est égal, une autre aiguille, la même, à l’intérieur de la tête, contre l’oreille, la même histoire, pas l’ombre d’une nouveauté, cette ombre dans laquelle nous pourrions, je ne sais même plus, ce que nous pourrions « faire », ce que nous pourrions « être », ce que nous pourrions <em>entendre</em>,… Rien, ne plus rien entendre,… Jeter les galettes, arracher les aiguilles ? Les galettes,… Vieux disques,… Je ne suis pas mélomane,… N’ai jamais été mélomane,… Qu’est-ce qui me prend ? Que toute la musique soit devenue, devienne, que toute la musique soit maintenant en passe de devenir « numérique », ces petites boîtes, ces « écouteurs », on choisit, on passe, on « sélectionne », mais qu’est-ce qui me prend ? La matière,… Mais je ferais mieux d’aller me coucher.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/191/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/191/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=191&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Il vaut mieux être en forme</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Sep 2009 20:39:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Simon]]></category>
		<category><![CDATA[Monty Python]]></category>

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		<description><![CDATA[La mort dans l’âme. À bout de souffle avant que d’avoir, etc. Aux abois. Hallali. Les chiens sont très-gentils. Ne mordent pas. Sont très-polis. Lèchent. Donne la papatte, demande le chien. Gentil gentil. J’ai travaillé. Rendu mon dû. Il faut être en forme, pour apprécier Simon. Moyennement comique, Simon. Pas le cœur. Pas la tête. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=181&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mort dans l’âme. À bout de souffle avant que d’avoir, etc. Aux abois. Hallali. Les chiens sont très-gentils. Ne mordent pas. Sont très-polis. Lèchent. Donne la papatte, demande le chien. Gentil gentil. J’ai travaillé. Rendu mon dû. Il faut être en forme, pour apprécier Simon. <span id="more-181"></span>Moyennement comique, Simon. Pas le cœur. Pas la tête. Pas le ventre. Rien du tout. Me recracher. Comme le serpent se mord la queue, me recracher la tête. Pas comestible, mais pas recrachable. Plein de cette « vie ». Les dents du fond qui baignent, disait <a href="http://www.youtube.com/watch?v=4A6O4vAOZiQ"><em>Le sens de la vie</em></a>. Un petit chocolat ? (Je cite de mémoire.) Bonne idée. Ça suffirait pour. Le papillon qui vient se poser sur le navire, et le navire coule. Gentil, le papillon. La goutte de rosée qui tombe délicatement sur la corolle, et la fleur se casse. Gentille, la goutte de rosée. Est-ce que j’ai sérieusement aimé la nature, une fois dans ma vie ? Je ne sais plus. Gentille, la nature. Gentil, le soleil. Gentille, la pluie. Gentil le jour, et gentille la nuit. Gentil gentil, tout est gentil gentil. Monsieur tend la papatte, et Monsieur tend la papatte aussi. Accolade. Oh j’aimais quand les frères, crâne contre crâne mais sans se toucher, à peine, sans un mot. Ça avait de l’allure. Le christ dans l’hostie, au ciel, mais aussi dans le frère. On se prosterne, vase contre vase. C’est quoi ce bordel de me ressouvenir de tout ça, et qui plus est maintenant ? Peu importe. Simon reviendra ; ça va ça vient, ces choses-là. Envie de recracher ma vie. Navire fantôme ça serait bien, non ? Ah, du beau. Gentil, le capitaine. Gentils, les matelots. Mais le navire fantôme, c’est sans les matelots et sans le capitaine, non ? La terre est plate. Mais non, incurvée. Rotondité. Pour que le navire puisse disparaître plus vite que s’il fallait attendre que la distance ? On dirait. Mieux que la rotondité, la nuit. Mieux que la nuit, l’inexistence. La rumeur ? Si tu veux. Gentils gentils, les crustacés.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/nettoyeur.wordpress.com/181/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/nettoyeur.wordpress.com/181/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=181&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>On a eu très, très chaud !</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 21:02:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
		<category><![CDATA[Gombrowicz]]></category>
		<category><![CDATA[Rabelais]]></category>
		<category><![CDATA[Wittgenstein]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis heureux. Ça s’écrit comme ça, paraît-il. Je suis heureux de l’être, et je suis heureux de l’écrire. Je suis heureux de pouvoir l’écrire. Rassure-toi, ça ne va pas durer. Divaguons. J’ai été catholique. Qu’entendais-je, quand je disais, Prions. Une orientation. Une direction. L’inconnu, déjà. Rendre justice à toutes ces âneries ? Un jour, peut-être. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=177&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis heureux. Ça s’écrit comme ça, paraît-il. Je suis heureux de l’être, et je suis heureux de l’écrire. Je suis heureux de pouvoir l’écrire. Rassure-toi, ça ne va pas durer. Divaguons. J’ai été catholique. Qu’entendais-je, quand je disais, Prions. Une orientation. Une direction. <span id="more-177"></span>L’inconnu, déjà. Rendre justice à toutes ces âneries ? Un jour, peut-être. Cet amour de l’inconnu. Qu’on y peut jeter tout ce qui fait notre vie sans hésiter un seul instant. La folie de l’Évangile. Sympathique. Pourquoi cet adjectif ridicule, cynique ? Blessure. Jeter d’un seul coup sans hésiter toute la vie, j’y consens. C’est l’affinité qui existe entre le christianisme, Nietzsche, et moi. Mais la terre. Jeter la vie pour la terre, dans la terre, sur la terre, à la terre, etc. Toute la dialectique chrétienne se réveille en moi (je jure sur la tête de mes enfants que ça n’était pas prévu). Saloperie. Un « langage ». Ça va mieux. C’est « réducteur » ? (Ça commence à mal tourner, le langage se met à pourrir, on entend le cliquetis de l’école, poisson-chat !) Non. Wittgenstein aussi est un homme très-seul, très-seul. Même pas sûr de sa « propre » main ! Sympathique, Wittgenstein. C’est bien, cette poubelle. <a href="http://thomasglens.unblog.fr/">La chambre</a>, c’était un peu trop solennel, allégorique, seigneurial. Une turne, encore un palais royal ! La poubelle, c’est mieux. Bien sûr, débile comme je suis, j’ai très-vite songé à la « poubellisation » de Lacan. On s’en fout. Je songe moins à qui pourrait bien lire (on y songe toujours un peu, même dans le fond de son lit ; ça pourrait bien s’appeler la prière, le secret, toutes ces conneries, cf. Derrida). Putain ! Tant pis. Le lecteur est un dieu. Sinon, tant pis. Je suis Jean-Baptiste, le lecteur est Jésus-Christ ! Plus grand que moi ! Mes sandales ! Je te baptise ! Mais comment se fait-il que le dieu ait besoin d’être baptisé ? Anachronisme, on injecte la trinité en pleine marmelade, tout va bien ! Oui, le lecteur est un dieu. Je suis l’Ancien Testament. Fiat lux ! Le lecteur. Oh, le lecteur ! Le murmure à l’ambon. Murmure ? Pour le « choeur » ? Les moines ! Je les vénérais. Les Psaumes, la répétition. Manger du français ! Chanter du latin. La pierre. L’enroulement de la voix, sa propagation, sa <em>perte</em>. Les Psaumes, pauvre carcasse, la pierre. La création. Le jet de l’Esprit, bouche pourrie, ver infect, la transfiguration. La pierre est heureuse. Dorée. Comme le soleil qui lèche la forêt, tu sais ? Le Psaume qui lèche la pierre, sublime ! Complètement couillon. Complètement humain. Quand Gombrowicz parle gentiment du catholicisme, il ne m’énerve pas. Je comprends. Le protestantisme, n’en parlons pas (je le garde en réserve au cas où je friserais l’extase, pour toucher terre, crever le ballon, me foutre en l’air). Saloperie. Arrête tes conneries, tu veux ? D’accord. Le christianisme est beaucoup trop sérieux. Ça fait un moment que Rabelais me fait du pied, j’y songeais tout à l’heure, à propos de l’humour. L’humour ! Un mot bien trop sérieux. Rien ne distingue mieux les hommes que l’humour, me disais-je. Rien n’est plus triste qu’un homme qui n’est pas drôle. Ça arrive. Le pire, c’est quand il aimerait. Quand il n’a pas envie, il fait rire. Mais s’il a envie de faire rire, et s’il ne fait pas rire, c’est consternant. On a envie de mourir. La littérature est une vaste plaisanterie, me disais-je. Le rire de Gombrowicz (départ, vingt lignes). Le rire de Beckett. Le rire de Bernhard. Le rire de Joyce. Le rire de Kafka. Etc. Ça distingue. Une certaine affinité. Pour rire avec Gombrowicz, il faut avoir une solide expérience de ces situations qui partent en couilles, etc. Je n’en suis plus à me demander si « Dieu » existe (peut exister, etc.). Allez. Mettons qu’il existe. S’il ne rit pas, aucun intérêt. S’il rit, je lui en veux. Pourquoi m’autoriser à rire, et l’interdire à Dieu ? Je suis plus modeste que j’en ai l’air. Si j’étais Dieu, je ne rirais pas. Ça doit faire mal, très-mal, très-, très-mal. Très-, très-très-, très-très-très-mal. Tout puissant ? Assez. De quoi devenir fou (je ne serais pas le premier). Putain ! De quoi je parle ! J’ai ça au compteur. Un moine que j’aimais s’intéressait plus au développement d’un arbre qu’à la spéculation théologique, remarque. Et alors ? Ça prouve seulement que tu avais affaire à un homme (il y en a, parmi les chrétiens). J’ai l’air de déconner, c’est entendu, mais il y a des limites ! Est-ce que j’ai une tête à pratiquer l’excommunication ? Ne nous emballons pas, je te prie. On ne va pas réintégrer tous les chrétiens dans l’humanité, en vrac, sous prétexte que tu ne voudrais pas pratiquer une excommunication à l’envers ! Au cas par cas. Quelle sorte d’homme es-tu ? (La question de Gombrowicz, pour résumer.) De quoi ris-tu ? (La question qui tue, ou du moins qui est susceptible d’aliéner ma sympathie, <em>ad vitam aeternam</em>). Putain, quel sérieux ! Assez. Je suis fatigué. Tant pis. J’avais besoin de bouffer du français, disais-je. On va resonger à Rabelais. Mais ça déçoit souvent les vieux cons, non ? Le chemin qui monte et le chemin qui descend, il n’y a que ça ! Essaie de prendre Rabelais à la montée ! Dieu existe ! Ah voilà, je te retrouve. Non, sans déconner ! Tu tiens vraiment à me faire replonger ? Non, non. C’était pour rire. Pas drôle. Justement. Je te retrouve ! Justement. Change de disque ! Ta gueule. Je te retrouve ! On a compris. Pas question de ça. De quoi ? De comprendre. On a compris. Je te retrouve ! Quelle chance. On va se coucher ? Oui.</p>
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		<title>La vie peut être dangereuse</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 20:36:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nettoyeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[N’en parlons plus]]></category>
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		<description><![CDATA[Je suis vidé. À peine si je parviens à lire quelques pages de Gombrowicz. Besoin de manger du français. Est-ce que ça aurait un sens de parler de Chauvier ? Éric Chauvier. J’éprouve pour cet homme une très vive sympathie, pour dire le moins. J’ai aimé Anthropologie (Allia, 2006). J’ai adoré Si l’enfant ne réagit pas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nettoyeur.wordpress.com&amp;blog=9108720&amp;post=173&amp;subd=nettoyeur&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis vidé. À peine si je parviens à lire quelques pages de Gombrowicz. Besoin de manger du français. Est-ce que ça aurait un sens de parler de Chauvier ? Éric Chauvier. J’éprouve pour cet homme une très vive sympathie, pour dire le moins. J’ai aimé <a onclick="return mugicPopWin(this,event);" oncontextmenu="mugicRightClick(this);" href="http://www.amazon.fr/Anthropologie-Eric-Chauvier/dp/2844852270/ref=sr_1_3?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252010026&amp;sr=8-3"><em>Anthropologie</em></a> (Allia, 2006). <span id="more-173"></span>J’ai adoré <a onclick="return mugicPopWin(this,event);" oncontextmenu="mugicRightClick(this);" href="http://www.amazon.fr/Si-lenfant-ne-r%C3%A9agit-pas/dp/2844852602/ref=sr_1_4?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252010026&amp;sr=8-4"><em>Si l’enfant ne réagit pas</em></a> (Allia, 2008). J’aime cet homme. J’aurais aimé aimer <a onclick="return mugicPopWin(this,event);" oncontextmenu="mugicRightClick(this);" href="http://www.amazon.fr/Crise-commence-o%C3%B9-finit-langage/dp/2844853218/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252010026&amp;sr=8-1"><em>La crise commence où finit le langage</em></a> et <a onclick="return mugicPopWin(this,event);" oncontextmenu="mugicRightClick(this);" href="http://www.amazon.fr/Que-du-bonheur-Eric-Chauvier/dp/284485320X/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1252010026&amp;sr=8-2"><em>Que du bonheur</em></a> (Allia, 2009). Je retrouve le Chauvier que j’aime. Un mélange à nul autre pareil (un homme). <em>Que du bonheur</em>, c’est en filigrane un monde, un langage, une « relation » (une « ex », comme disent les gens, <em>c’est affreux</em>). Cette « phrase », « Que du bonheur ». Et Chauvier. <em>La crise commence où finit le langage</em>, je ne dirais pas que c’est plus « ambitieux » que le précédent (encore un langage <em>affreux</em>). Ça tourne autour d’une « conversation téléphonique » (une « conversation », <em>affreux</em>), une « conversation » de nature commerciale. Monsieur Chauvier. Ça tourne, ça finit par une dénonciation de la « métaphysique » de la « crise » (<em>sic</em>). C’est encore Chauvier. Mais, avec ces deux petits ouvrages, il y a quelque chose qui se « décolle », qui « flotte », entre lui et moi. C’est très-bien ainsi. Chauvier est seul. Le second Wittgenstein, Cavell, Goffman, Emerson, ces gens-là. Le « langage ordinaire ». Très-bien. Je suis pour. J’aime. Chauvier. Il travaille. Il existe. Il essaie de parler. Il essaie de penser. Il essaie de sentir. Il essaie de nous raconter. C’est très-bien. Il y croit. Il y croit, il n’y croit pas, il parle seul, il parle avec les autres, il parle « pour les autres » (Cavell, le « scepticisme »). C’est remarquable. Éric Chauvier est un type remarquable. Que se passe-t-il avec ces deux derniers petits ouvrages ? Chauvier continue, ne change pas. Admirable. Mais là, je ne « marche » pas. (Est-ce que c’est du langage affreux ? Je ne crois pas). Je ne marche pas. <em>Que du bonheur</em>, je « comprends ». Oh, trop bien. Et pourtant, le sentiment qu’il délire, Chauvier. Pire dans<em> La crise commence</em>. Il a raison. Raison quand il s’agit de cette « conversation téléphonique ». Assez raison quand il s’agit de la « métaphysique » de la « crise ». Raison aussi quand il s’agit de son « ex », de ce langage, de cet univers. Il a raison (je crois). Mais, je ne sais pas, il est <em>bizarre</em>. C’est très-bien ainsi. Il y a quelque chose d’un peu fou, dans ces deux petits ouvrages. On pressent que Chauvier doit être bien difficile à vivre ! (Là, pause technique, je m’amuse beaucoup !) Je l’aime bien (décidément). Il a raison d’être, raison d’être comme il est, raison de faire comme il fait, etc. On crève, dans ces langages (il a raison). On crève, dans ces univers (il a raison). Toutes les ressources, en vrac. La théorie, la sociologie, l’anthropologie, la fiction, l’enquête, le micro-, le macro-, soi-même, il a raison, Chauvier. Il déraille. Il a raison de dérailler. Chauvier est un type qui parfois déraille, qui parfois <em>peut</em> dérailler. C’est très-rare. Chauvier est un homme. Chauvier est vivant. Chauvier a envie de vivre. A envie de parler. A envie de « comprendre », que les mots, les phrases,… que le langage ait un « sens ». Il a raison. Pour lui, pour moi, pour « nous ». Ça <em>peut</em> le rendre un peu fou (parfois). Je comprends. C’est le danger. Finalement je l’aime beaucoup, Chauvier.</p>
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